Décaler la vision de la mobilité… jusqu’en Chine ?

Booster de Mobilité Active à Shanghaï

Début décembre, BMA s’est envolé pour Shanghaï dans le cadre du deuxième congrès « Green et Smart Cities » organisé entre villes européennes et villes chinoises sous le patronat de Jean-Pierre Raffarin.

En plus d’y recevoir un prix, nous avons également pu présenter notre projet et témoigner de notre expérience dans le cadre de la collaboration entre L’École des Mines et l’Université de Tongji de Shanghaï. L’occasion aussi d’observer la mobilité dans un pays où les villes grandissent à vue d’œil et souffrent de la pollution. Pour nous aider à y voir plus clair, Caroline Pauwels — qui représentait BMA à Shanghaï — a répondu à quelques questions !

La mobilité reste souvent une question de voiture dans les réflexions et les plans d’action. C’est aussi le cas en Chine ?

En assistant aux interventions de différentes villes chinoises, on comprend vite que leur compréhension de la mobilité passe avant tout par les véhicules particuliers et professionnels. La situation est comparable à celle de l’Europe : l’aménagement urbain privilégie la voiture, les villes sont congestionnées et le territoire n’est pas aménagé pour les mobilités douces. La priorité est donnée à l’électrification du parc avec les limites que cela comporte : l’électricité étant en grande partie produite par des centrales à charbon, il s’agit plus d’un déplacement de la pollution que d’une diminution significative.

Et les mobilités douces ?

Il y a effectivement un travail sur les mobilités douces avec une situation paradoxale : les Chinois bénéficiaient d’une très forte culture du vélo qui n’a pas été préservée avec la croissance. Les tentatives de relance actuelles se heurtent à un problème d’image sociale, la voiture étant devenue un signe extérieur de réussite incontournable.

Par ailleurs, les autres solutions envisagées sont les mêmes qu’en Europe avec un accent mis sur les transports en commun, sujet sur lequel la Chine effectue une grande manœuvre de rattrapage.

Penser la mobilité par l’activité, ce n’est décidément pas un réflexe ?

De la même manière qu’en Europe, la mobilité n’est pas pensée en même temps que le développement de la ville. Nous avons les mêmes problématiques et les mêmes réflexions. L’approche de la mobilité par l’activité expérimentée par BMA ouvre un nouveau champ des possibles et un rapport neuf à la notion de mobilité. Que la mobilité puisse passer par l’immobilité ne fait pas encore partir de la palette d’outils chinois. Ils sont par ailleurs concentrés sur l’évolution du parc automobile, beaucoup moins sur l’optimisation du potentiel de la voiture, avec des moyens comme le covoiturage et l’autopartage.

Une dernière chose à retenir ?

La vitesse phénoménale de la mise en œuvre des projets chinois ! À titre d’exemple, une entreprise créée en 2011, spécialisée dans les batteries électriques et les bornes de recharge est déjà présente dans 20 villes chinoises et équipe aujourd’hui 30 % des bus de Shenzhen. L’investissement massif dans les lignes de transport en commun et la vitesse de mise en œuvre sont inimaginables, mais c’est à l’image de la croissance d’une ville comme Shenzhen, qui est passée de 35 000 habitants dans les années 70 à 10 millions d’habitants aujourd’hui !

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